Capture du 2015-06-19 12:37:30

Patrick Sébastien “ Sarkozy, Hollande, le confit de porc et moi ”

Show-bizz, politique, cuisine corrézienne: dans l’indifférence des médias, Patrick Sébastien cartonne avec une nouvelle tournée d’imitations en province. «Grand Seigneur» a fait le point avec lui lors d’un repas confession chez Thoumieux. Ambiance…

 

❧ Patrick Sébastien, presque 40 ans après vos débuts, vous remontez sur scène avec de nouvelles imitations… Qu’est-ce qui vous arrive ?
J’avais envie de boucler la boucle ! Ça vient peut-être du fait que j’ai perdu tous les gens que j’aime, autant revenir vers le début. J’ai démarré en 1974 et j’ai l’impression d’être arrivé hier matin. Alors que c’est déjà la fin…

Comment ça, déjà la fin ?
Parce que je sens que je ne vais pas tenir longtemps, je ne sais pas pourquoi. Comme j’ai toujours eu du feeling là-dessus, je veux me faire plaisir autant que je peux. Si tu veux l’analyser à fond, comme ma mère n’est plus là, monter sur scène pour moi c’est une autre manière de se flinguer, une autre manière d’amorcer la descente.

C’est pas très gai pour un humoriste…
Si ! C’est juste qu’autour de moi, soit ils sont en prison, soit ils sont morts, soit ils sont malades. J’ai eu tellement de décès dans mon entourage que la mort ne me fait plus rien.

Quels nouveaux personnages faites-vous sur scène ?
Depardieu avec sa bouteille, Jean-Michel Apathie, Benoît Poelvoorde… Je fais aussi DSK qui dit : « Quelle histoire ! » sur la musique de « Faites entrer l’accusé ». Le plus drôle, c’est que mon imitation de Strauss-Kahn, je l’ai trouvée il y a cinq mois. A l’époque, je me demandais ce que je pourrais bien lui faire dire sur scène. Et aujourd’hui, je raconte des grosses conneries avec sa tête, du genre « N’avale pas tout Diallo ». Ça s’appelle « Imitations et confidences », parce que ça glisse sur des confidences. Je fais tout un truc au début sur la réalité et la poésie pour montrer que ces deux-là peuvent cohabiter, c’est-à-dire en gros la bite et la poésie.

C’est vrai qu’à vos débuts à l’Olympia, vous pouviez rentrer chez votre grand-mère en Corrèze, uniquement pour manger un quatre-heures ?
Bien sûr ! Mais tu sais la bouffe, c’est la plus belle chose que je garderai de la vie. La bouffe, c’est extraordinaire. J’ai eu la chance d’avoir autour de moi des femmes et des épouses qui étaient toutes des cuisinières. Nana (son épouse, ndlr), par exemple, c’est un génie. Probablement la meilleure que je connaisse. A trois heures du matin, elle peut te faire des trucs insensés comme le Frésinat, un ragoût du Tarn avec du cou, des travers de porc et des pommes de terre en persillade à la graisse d’oie.

Votre mère aussi était un cordon bleu ?
Oui, mais plus avec les anciens plats qu’elle m’a légués comme la blanquette de veau ou les endives à la béchamel et au jambon. Mais chez moi à Martel (Lot), la reine des omelettes aux truffes ou aux cèpes, c’est la tante Pépé la sœur de ma mère. Une jeune dame qui va me quitter à 81 ans pour aller habiter chez son fiancé à Montluçon. Elle vient de tomber amoureuse…

Qu’est-ce que vous aimez dans la cuisine corrézienne ?
La mique au petit salé ! C’est une boule de pâte à pain cuite dans un pot-au-feu ou un bouillon avec du petit salé. C’est typiquement corrézien. Beaucoup plus que le millassou (galette de pommes de terre au lard, ndlr) qui relève parfois du folklore. Et j’aime aussi
« faire chabrot » comme on dit en Corrèze, c’est-à-dire boire du vin rouge dans un fond de potage encore chaud. Mais l’un de mes plats préférés, ca reste quand même le confit de porc froid avec des pommes de terre sautées chaudes. Quand le froid et le chaud se mélan-
gent, avec la graisse du confit autour. Rien que d’en parler, j’en salive…

La cuisine, c’est un lieu central chez vous à Martel (Lot) ?
Carrément, c’est le socle. Une grande table avec une petite cave et de très belles bouteilles de vin à l’intérieur. C’est mon seul vrai luxe. Mais moi, contrairement à plein de mecs que je connais, je n’achète pas de vins pour les montrer et les conserver, mais pour les boire. Dès que j’ai des amis à la maison, je sors toujours les meilleures bouteilles. Ça ne m’est jamais venu à l’esprit de sélectionner un cru en fonction de l’importance de mes invités…

Quels sont les grands vins qui vous ont le plus marqué ?
J’ai plein d’histoires d’amour avec le vin. J’aime beaucoup le Bordeaux. Mais j’ai surtout une passion particulière pour le Château d’Yquem dont je suis tombé amoureux grâce à un texte de Frédéric Dard, mon maître à penser. Il appelait ça « de la lumière bue »… C’est un Sauternes extraordinaire que j’ai découvert un soir à Bourgoin, avec Guy Savoy et mon équipe de rugby. Il nous a lu le texte pendant qu’on dégustait l’Yquem à l’apéro. Et depuis, je ne m’en suis jamais vraiment remis…

Comment ça ?
Parce que c’était un moment d’une jouissance hallucinante ! Je crois même que la plus belle sensation gustative de ma vie, c’était un morceau de Roquefort avec un verre d’Yquem. Ça se passait au Grand Véfour chez Guy Martin pour mon premier anniversaire de mariage avec Nana. Et je n’ai jamais rien eu dans ma bouche de plus formidable. Le mélange des deux, c’est dingue : deux pourritures nobles… C’est tellement bon que j’ai réussi ensuite à convertir des rappeurs avec des pétards géants dans un studio d’enregistrement à Toulouse.

C’était qui ?
Les mecs du Secteur A, je crois. Ils me disaient : « Putain, c’est bon ton truc ! Ça déchire. » Et puis, je l’ai fait aussi découvrir à JoeyStarr, un grand amateur de pinard avec qui on passe des soirées formidables. Mais mon plus grand regret, c’est de ne pas être allé moi-même dans le vignoble cueillir les grappes de raisin qui feraient ma bouteille d’Yquem. Nana m’avait pourtant tout arrangé avec le Comte de Lur Saluces pour mes cinquante ans. Et puis, je n’ai jamais trouvé le temps…

A part l’Yquem, qu’est-ce qu’on peut boire chez vous en ce moment à Martel ?
J’ai quelques bouteilles de Chasse-Spleen 2000, une merveille ! Et aussi beaucoup de cuvées dont je suis le parrain, faut avouer : des Gaillac, du Haut-Brion, du Mission… Même du Cahors, alors qu’en fait, je n’aime pas ça. C’est fou le nombre de gens qui ont voulu faire des vins avec Patrick Sébastien marqué dessus.

Pourquoi n’avoir jamais créé votre propre vin comme Gérard Depardieu ?
Parce que c’est une connerie. C’est un métier, la vigne. On me l’a proposé, mais faut s’en occuper vraiment. Je préfère être admiratif. C’est comme dans le rugby ou la magie, je préfère ne pas savoir comment ça se passe en coulisses dans les vestiaires. Ça tue le rêve !

Qu’est-ce qui vous ennuie dans les vins ?
Que les sommeliers veuillent toujours me faire visiter leurs caves. Je n’aime pas visiter les caves. J’ai toujours l’impression d’être dans un cimetière ou une maternité avec des gosses alignés en rangs d’oignons. J’aime qu’on m’apporte le vin, que je le découvre… Mais aller voir comment ils sont entreposés, non merci. Et puis, je me suis aussi chauffé pendant des années avec les sommeliers sur la température des vins. Jusqu’à ce qu’ils me donnent raison.

C’est-à-dire ?
J’aime que les vins soient très frais. Les mecs me disaient : « Mais non, le vin ça se boit à quinze, seize degrés ». Mais mon goût à moi, il n’est pas là. Pour moi, le vin il faut qu’il soit à douze degrés, des fois moins. Je l’aime frais parce que c’est comme ça qu’il m’enchante. En fait, j’ai rarement été surpris par un sommelier, je trouve qu’ils se gourent souvent.

Il y a trente ans, vous buviez une bouteille de whisky par jour. Ce sont les vins qui vous ont guéri de l’alcoolisme ?
Absolument. Et depuis, je n’ai jamais repris une cuite. Mais je bois du vin, en général deux verres à dîner, pas plus. A l’époque, je pouvais enchaîner deux restaus, une boîte, chez Denise, le Bois… Je rentrais à huit heures du matin, on peut dire que je picolais vraiment.

Vous vous êtes drogué ?
Jamais, ça ne m’intéresse pas. J’ai vu mes copains fumer mais je n’ai rien compris aux pétards et Cie. Quand je vois les ivresses de la coke et de la fumette, je ne trouve pas ça très convivial comparé au plaisir du vin. L’émotion du vin est chaleureuse, c’est en ça qu’elle m’intéresse. Tant qu’à être un peu parti, autant que ce soit agréable.

Vous avez rencontré récemment le Président à l’Élysée. Un homme qui n’aime pas le vin…
Oui et ça se voit.

Alors, de quoi avez-vous parlé ?
C’est un ami que nous avons en commun qui nous a dit qu’au lieu de se rentrer dans la gueule, on ferait peut-être mieux de se parler.

Vous vous rentriez vraiment dans la gueule ?
Oui, quand même. Après, je respecte l’homme et sa fonction. Mais je n’aime pas du tout la manière dont il gouverne. Je n’aime pas ses amis. Et surtout beaucoup de ses amis qui font des saloperies en son nom. Je lui ai parlé d’humanisme, je lui ai dit : « Tu sais pourquoi je me bats ? »

Ah, parce que vous tutoyez le Président ?
Oui, tout de suite. D’abord, il est plus jeune que moi. Et ça fout quand même un sacré coup de vieux de découvrir que le Président de la République est plus jeune que soi. Et en partant, je lui ai même tapé sur l’épaule en lui disant que j’allais continuer à lui rentrer dedans. Il m’a répondu : « Pas de problème, c’est bien normal. »

Et vous n’avez pas évoqué le rôle qu’il aurait pu, lui ou certains de ses amis, jouer dans l’affaire «Casser du noir» à l’époque de votre soutien à Jacques Chirac ?
Non, nous n’avons rien évoqué de ce genre. On a parlé de ce qui me tenait à cœur, d’humanisme, de cette société qui devrait plus se regarder en face. On a aussi beaucoup parlé de la télé parce qu’on est de la même génération. Je pense qu’il m’aime bien, parce qu’il voit que je ne triche pas. Et je pense même qu’il aime bien Le plus grand cabaret.

Vous croyez ?
Tu sais, à l’époque où des dizaines d’animateurs lui faisaient de la lèche, moi ce n’était pas mon cas. Et ça ne l’a pas empêché de dire en conférence de presse que la personne qui représentait le mieux le service public, c’était Patrick Sébastien. On a la même culture tous les deux, c’est ce qui est à la fois sympathique et effrayant : Zorro, Le Manège enchanté et Bonne nuit les petits… Ça fout les boules, ça fait peur. Mais moi, je ne me vois pas Président de la République, ce ne serait pas mon truc.

Vous avez l’air sous le charme ?
Pas forcément, mais j’ai vu un mec brillant, malin, qui m’a parlé de son humanisme à lui. Et puis, j’ai surtout vu un mec amoureux…

2012, ce sera un duel entre deux mecs amoureux ?
Moi, je ne suis pas du tout persuadé qu’il y aille. Dans la logique de l’homme amoureux que j’ai vu, je pense que sa femme a son mot à dire, qu’être à l’Elysée pour une femme de cette envergure – parce que j’adore cette femme – c’est pas une sinécure. Surtout avec le petit qui est arrivé. Et puis la situation économique est catastrophique. Si j’étais à sa place, j’enverrais Juppé. Avec lui, la droite pourrait au moins récupérer les Chiraquiens qui ne supportent pas Sarkozy…

Les valeurs du Dard, le mouvement humaniste que vous avez dissous en 2010, vous espérez les retrouver dans la campagne de Hollande ou Sarkozy ?
Les deux, c’est bien pour ça qu’on s’appelle régulièrement au téléphone. Mais c’est vrai que j’ai une tendresse toute particulière pour François Hollande. Parce que ce n’est pas un
salopard. C’est même un honnête homme et ils ne sont pas nombreux. Après, faudra pas
compter sur moi pour faire le pingouin sur le podium le soir des élections.

La première fois où vous vous êtes rendu à l’Elysée (pour rencontrer Mitterrand), vous vous étiez peint la bite en Bleu Blanc Rouge. Qu’est-ce que vous avez imaginé cette fois-ci ?
Je ne peux pas te dire, ce serait irrespectueux. Vraiment, ce ne serait pas bien. Mais tu n’imagines quand même pas que je suis resté sans rien faire…

Beaucoup d’artistes ont débuté chez vous. Mais peu s’en souviennent… Ils sont vaches, vos poulains ?
Pas toujours. Et puis, je suis quand même assez fier que les deux mecs que j’ai le plus aidés soient aujourd’hui les deux acteurs les mieux payés du cinéma français (Dany Boon et Jean Dujardin, ndlr). Mais dans le cas de Nicolas (Canteloup), je pense qu’il est gavé de partout. C’est comme Bruel à une époque. D’un seul coup, les mecs deviennent inabordables, alors que c’est des potes. Et puis, ils redescendent quand ils comment à s’habituer au succès. Mais là justement, t’es plus assez bien pour eux. Je suis comme un soulier dans la chaussure, moi. Les mecs, ça les aide bien de passer par chez moi. Et après, je suis trop populaire pour eux…

On a l’impression que vous êtes toujours trop populaire pour tout le monde. Sauf, pour le peuple ?
C’est marrant, c’est ce que me disent tous les journalistes qui me bavent dessus depuis trente ans : « Vous ne pouvez pas être blessé par ce qu’on écrit, vous êtes tellement populaire… » Mais quelle bande de cons ! Ils ne se rendent même pas compte qu’en me traitant comme de
la merde, ils me rendent encore plus populaire. Je suis même persuadé que si le milieu médiatique m’acceptait, je ferais des millions de téléspectateurs en moins à la télé…

Ça vous ferait plaisir d’avoir des papiers dithyrambiques dans «Libé» et «Télérama» ?
Ecoute, je n’ai déjà pas eu un article dans Télé 7 jours depuis cinq ans. Et pourtant, c’est à moi qu’on demande de faire 20% d’audience. Mais je suis persuadé que ça plairait beaucoup
à certains dirigeants télé qui semblent beaucoup plus intéressés par quelques lignes dans la presse, que par un public de quatre millions de personnes.

Vous avez un problème avec les journalistes ou quoi ?
Oui, je suis remonté contre les médias parce que je trouve qu’ils font mal leur métier. Leur suffisance, moi je la vis tellement depuis longtemps, qu’au fond je m’en branle. Mais tous ces mecs qui donnent leur avis sur les plateaux de télé, persuadés d’avoir toujours raison, d’inventer l’actualité, comment crois-tu que les gens réagissent en les voyant ? Quand ils posent une question à un politique, on dirait presque que leur question les intéresse plus que la réponse…

Vous pensez faire mieux ?
Je poserais peut-être des questions plus nazes. Mais au moins, je ne les lâcherai pas avant d’avoir obtenu une réponse. C’est pour ça qu’on on a lancé avec Michel Drucker l’idée d’interviewer les candidats à la Présidentielle. Au moins, on va se marrer. D’ailleurs, Rémy Pflimlin (patron de France Télévisions) adore le projet.

Et vous avez d’autres projets comme ça ?
Je voulais faire une émission cet été qui s’appellerait Miss Camping : l’élection de Miss Camping, la fête, les belles nanas, les dunes, la bonne humeur. Ils m’ont dit que l’idée était bonne, mais qu’on ne pouvait pas appeler ça « Camping ». Que « Camping » sur le service
public, ce n’était pas possible. Je n’ai pas bien compris pourquoi. Sinon, j’ai écrit deux pièces, l’une pour mes copines du théâtre de Rocamadour que je viens de mettre en scène. Ça s’appelle Quelle histoire ! : deux femmes de ménage dans un hôtel de luxe, qui violent un mec très riche qui sort à poils de sa salle de bain.

Et l’autre ?
Max et la rumeur, l’histoire d’un boucher cocu dans un petit village qui se sert de la rumeur sur la disparition de sa femme pour se disculper une fois qu’elle réapparaît et la tuer ensuite pour de vrai. Bigard adore, il voudrait en faire un téléfilm. Et Daniel Russo aimerait la mettre en scène au théâtre. Sinon, j’ai aussi un projet de film avec Olivier Marchal. Un truc énorme, une bombe.

Encore une histoire de flics ?
Pas du tout, ça s’appelle Le retour de Monsieur Jean. C’est l’histoire de Jean Gabin qui sort d’un film en noir et blanc pour basculer dans le Paris d’aujourd’hui. Imagine le Gabin des 50’s face aux GPS, aux smartphones et aux Autolib… Pour que ça marche, il faudrait que j’arrive à avoir totalement la gueule de Gabin. Mais j’attends de prendre un peu de cigare encore, d’avoir bien la masse. Si on y arrive, c’est magnifique.

On est quand même très loin du Gang des Lyonnais…
Pas tant que ça. Et puis, j’adore ce mec, on a plein d’atomes crochus. J’ai encore passé la
soirée avec lui récemment. Il m’a parlé de son copain que je connais et qui est au trou (Michel Neyret, ndlr). Je lui ai écrit pour lui remonter le moral, il en a besoin. Qu’est-ce que tu veux que je te dise ? Mettre les flics en prison, ce n’est pas bien. On déconne à pleins tubes.

Vous avez démarré moins de deux ans après Thierry Le Luron. Vous étiez proches ?
Pas du tout. Au début, on se tirait franchement la bourre. Quand on se croisait dans les boîtes, c’était même un peu tendu. Et puis, il y avait Lederman (le producteur de Le Luron, ndlr) qui voyait mon arrivée d’un très sale œil. Mais chacun avait son public. Lui, c’était la politique et Paris. Moi, la province et Bourvil. Jacques Chazot à Marigny contre les gars du rugby à l’Olympia, quoi. D’ailleurs, c’est sur ce créneau qu’a surfé Laurent Gerra. Quand je le vois, je retrouve plein de trucs à moi. Gaulois, réac, etc. C’est un beau calcul, c’est bien pratique.

Vous n’êtes jamais monté sur scène avec lui ?
Si, une fois, trois mois avant sa mort. Ça se passait à Carmaux (Midi-Pyrénées). Je sortais avec l’une des Coco Girls qui faisaient la première partie de son spectacle. Il m’a dit : « Faisons le spectacle ensemble, on n’aura plus d’autre occasion. » C’était très touchant de voir ce mec se filer du whisky dans la tête en se disant : « De toute façon, je suis mort ». Ça m’a marqué.

Vous vivez toujours la nuit ?
Oui, mais au calme désormais ! A une époque, je fréquentais des copines qui avaient beaucoup de relations. Je sais des trucs incroyables… Mais je ne peux pas de te les balancer, je ne suis pas une balance. Et puis après, c’est que du cul.

C’était comment la nuit parisienne à la fin des 70’s ?
Bah moi, j’étais plus sur Pigalle que chez Castel. Castel, ça ne m’intéressait pas. Et puis, ils ne m’ont jamais accepté. J’étais pas fait pour eux. Par contre, on pouvait croiser des mecs complètement déjantés, qui n’avaient peur de rien comme Mourousi. Un barge, une épée… Et puis, l’Elysée-Matignon avec Romy Schneider bourrée dans un coin, Gainsbourg qui faisait pleurer Birkin et Belmondo suspendu aux lustres, torse nu avec des fleurs à la
main, faisant « toc toc bonjour », c’était comme dans un film.

C’est quoi la phrase qui vous a le plus marqué en quarante ans de carrière ?
Une jeune fille au Bois qui m’avait demandé de lui raconter toutes les enculeries de ce métier. En sortant de la voiture, alors qu’elle retournait tapiner dans le froid et la pluie, elle s’est retournée et m’a dit : « Eh ben mon pauvre chou, j’aimerais pas être à ta place ».

• Patrick Sébastien sera à Moissac le 25 février, le 29 février à Bourg Les Valence, le 3 mars à Tinqueux, le 9 mars à Le Temple sur Lot, etc., pour son nouveau
spectacle «Imitations et confidences».

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