Cornillac pète les plombs

Clovis Cornillac : « J’ai du placer des bouteilles de vin dans Chefs (France 2) »

Pour Clovis Cornillac, le plus doué des acteurs qui ne détestent pas boire un coup, le vin est le plus noble des arts majeurs. Même si c’est toujours aussi compliqué d’en parler au cinéma et à la télé…

Clovis Cornillac, on vous a connu très amateur de cartes et d’alcool dans Bellamy de Claude Chabrol. Mais quand vous verra-t-on dans un grand film sur le vin ?
J’adorerais ! J’ai un véritable amour du vin, principalement le rouge. C’est d’ailleurs le vin qui m’a amené à la nourriture. Mais avec la loi Evin, ce n’est pas facile. Quand vous pensez que pour « Chef » (France 2), j’ai du placer moi-même des bouteilles de vin dans certaines scènes tournées à la cave pour qu’on puisse en parler – sans être pour autant autorisé à citer les noms – dans une série sur la cuisine, vous comprenez bien à quel point c’est compliqué. Quelle absurdité, quand même ! Vous pouvez me dire quel gamin va aller se shooter à l’Angelus ? Heureusement qu’on a échappé aux étiquettes « L’alcool tue » sur les étiquettes, hein. Il faut dire que les voitures aussi ça tue. Et d’après ce qu’on m’a dit, vivre serait mortel… Alors, on fait comment ?

 

 

On peut commencer par déguster avec modération ce Saint-Joseph (Syrah) de la Maison Chapoutier, par exemple. Ca vous vient d’où cette passion des vins ?
De ma famille, sûrement. Chez nous, on aime le vin et le bon de préférence. Mais il ne s’agit pas d’un intérêt savant, plus de boire pour se faire plaisir. C’est un peu comme le foot, si vous voulez. Ce qui me botte, c’est avant tout l’émotion pure, la découverte. Récemment, par exemple, j’ai goûté quelques merveilles dans les vins de Loire, une région où j’étais pourtant resté « sec » un bon bout de temps sans rien boire d’intéressant. Même si bon, j’avais quand même quelques petits orgasmes avec les Chinon de chez René Couly… Mais ce qui m’a le plus fait voyager, ce sont certains vins de Suisse comme le Chardonnay rouge de Stéphane Gros ou le Merlot du Clos Balavaud, j’étais vraiment scotché.

Et en Rhône-Alpes, votre région natale, vous faites encore des découvertes ?
La famille Faury à Chavanay (42) dans le Parc Naturel du Pilat ! Un couple de vignerons extraordinaires, de vrais amoureux du vin. Leur Saint-Joseph (Cuvée Hédonisme) est un film de Scorsese, une robe brillante Grenat avec des arômes de mûres et de griottes qui s’épice doucement avec le temps. Du Taxi Driver en bouteille. Malheureusement, je n’ai pas toujours le temps de tout goûter. C’est surtout Stéphane Dérénoncourt, l’un des meilleurs cavistes du monde, qui me donne des conseils et c’est toujours un moment de bonheur très particulier.

Lire la suite dans Grand Seigneur, le magazine du plaisir à table. En kiosques à partir du 28 Août 2016.