fbpx

LES VINS DE BORDEAUX SONT-ILS LE NOUVEAU TERROIR D’APEROS (SANS DECONNER) ?

Quilles de poètes et nectars de troubadours… A seulement 2h de Paris, le vignoble Bordelais est en plein big-bang d’apéros. Une révolution de terroir qui pourrait faire de la région le paradis des vins de copains. Grand Seigneur a trinqué pour vous (avec modération) !

Bordeaux, ses grands crus, ses cannelés, ses entrecôtes  et sa fanchonnette (un bonbon local aux amandes). Mais surtout ses vins qui chavirent l’âme jusqu’au cœur du terroir bordelais ! Des flacons hors des sentiers battus. Des quilles de poètes. Des nectars bénis des Dieux de la vigne et apéro. A seulement deux heures de Paris, 4 heures de Lille, 5 heures de Strasbourg, le nouvel Hollywood des vins de copains nous tendait les bras et nous n’en savions rien. C’est l’incroyable découverte qu’ont réalisé les reporters de comptoir de Grand Seigneur lors d’un wine-trip de missionnaires – avec le chef Christian Etchebest (La Cantine du Troquet) – sur les terres joyeuses des artistes du raisin. Des vignerons sans caste, sans fortune. Parfois même sans tracteur. Sans autre préjugé que l’amour de leurs parcelles qu’ils écoutent chanter au fil des saisons. A commencer par l’excellente Cécile Verdier à Camblanes qui – avec son mari Thierry – produit l’une des meilleures cuvées en Cadillac Côtes de Bordeaux qu’il nous ait été donnés de goûter. Le Château Brethous (50% Merlot,50% Cabernet Sauvignon) : une symphonie à boire tout en fruits et préludes de Bach (on croirait du Maurane !). Goûtée et approuvé avec l’aide du groupe Pendentif. Mais aussi Malika et Pascal Boueix, une ancienne psy (diplômée en dégustation) et un architecte qui développent  au Château Lescaneaut (à Saint-Magne de Castillon) une sorte de diamant brut. Un rubis de la soif : la cuvée Naturum (Cabernet Franc, Cabernet Sauvignon, Merlot) en appellation Castillon Côtes de Bordeaux. Un jus d’une telle exubérance, si tonique et fougueux sur la cerise qu’il nous a fait basculer chez Hello Kitty avec le chef Clément Duport (Cœur de Canard avec Les Mains). Et même réconciliés avec ses accords fraises et tomates…

Contrairement aux apparences, le Massey-Ferguson, millésime 1977, du vigneron Ludovic Barthe à Daignac, fonctionne toujours ! 
POTIONS DE ROSES
Que dire des autres? Les Picabia des vins bio comme le fascinant Christophe Pueyo dont le Château La Fleur Garderose (70%Merlot, 30% Cabernet Franc) en Saint-Emilion Grand Cru a laissé sans voix les musiciens d’Odezenne (Au Baccara). Ou encore l’étonnante Virginie Aubrion du Château de Piote (à Aubie-et-Espessas) dont les cuvées Prestige en Bordeaux Blanc Sec (100% Sémillon) s’arrachent depuis notre retour à la table du Maxan (Paris, 8ème). Quelle langue choisir pour décrire l’émotion et la tendresse particulière du Clos des Moussis (70% Sauvignon, 20% Merlot noir, 10% Cabernet Franc) en appellation Haut-Médoc ? Une redoutable friandise pour adultes produite par Pascale Choime et Laurence Alias, vigneronnes près d’Arsac, et dont la longueur en bouche en a chamboulé plus d’un. A commencer par le chef étoilé Tanguy Lavialle (Garopapilles) qui en avait pourtant bu d’autres. On reste également fascinés par le travail de Ludovic Barthe, vigneron à Daignac, qui propose à ses clients d’être les « coproducteurs » de leurs propres vins en louant 20 pieds de vignes à 200 euros par an et en participant à la vie du vignoble, au taillage, à l’assemblage, etc. Son Château Grand Bireau (10% Muscadelle, 30% Sauvignon Gris, 30%Sémillon, 30% Sauvignon Blanc) en appellation Entre-deux-Mers est un élixir botanique. Une vraie potion de roses blanches sur les terrines et fruits de mer. Bien sur, tous travaillent en bio, en biodynamie ou en développement durable. Tous relisent les vieux carnets de leurs aînés pour soigner et protéger la vigne autrement et limiter l’usage des sulfites. Et, au fond, peu importe les querelles de labels et de chapelles. Puisqu’ils sont clairement les modèles d’une lame de fond qui pourrait tout changer à Bordeaux. Et pas seulement dans la protection de l’environnement…
BOISÉ VANILLÉ
Ils ont quelques années d’écart. Ils ne travaillent pas sur les mêmes appellations. Et pour tout dire, ils n’ont pas grand-chose en commun ! Et pourtant, Rachel Hubert du Château Peybonhomme-Les-Tours qui produit le Blanc Bonhomme (50% Sauvignon, 50% Sémillon) en Blaye Côtes de Bordeaux – une petite merveille de blanc beurré (mais pas trop) sur la commune de Cars – et Louis Meneuvrier, ancien bassiste du groupe Mood qui développe le Château La Croix-Davids (90% Merlot Noir, 10% Malbec) en Côtes de Bourg – un philtre visionnaire aux notes de « boisé vanillé » – sont clairement les deux pop stars d’une région où l’on ne va pas tarder à découvrir que les vins sont excellents. Même en dehors des grands châteaux. Qu’ils ont une histoire, une patte, une signature, une couleur bien à eux. Et qu’ils sont parmi les moins chers du marché ! Avec sur place toute une génération de jeunes chefs et sommeliers – on compte plus de restos à Bordeaux par habitant qu’à Paris – qui rêvent d’en faire la rampe de lancement d’une nouvelle révolution gastronomique. Un bing bang d’apéros autant basé sur les vins que les temps de cuissons. Et dire qu’avant aller à Bordeaux, on était persuadés que c’était surtout la ville des palombes et des macarons…
Olivier Malnuit (avec Thomas Le Gourrierec et Julio Rémila). 
Photos : Florian Thévenard
L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération. 

Plus d’infos sur les vins de Bordeaux dans Grand Seigneur, le magazine du plaisir à table, actuellement en kiosques !